La DSi, du neuf et du fun

Après avoir vendu cent millions d’exemplaires de la DS, Nintendo sort la DSi, clairement chargée de mordre les mollets de la PSP de Sony (50 millions d’exemplaires) et l’iPhone d’Apple.
Fin 2004, Nintendo, lançait une nouvelle petite console de jeu : 149 mm au garrot, un écran tactile, un utile port permettant de lire les jeux GameBoy Advance, baptisée DS, DS pour Dual Screen. A l’époque, malgré un accueil très favorable du public, certains experts ne cachaient pas leur scepticisme quant à l’avenir de cette machine, peu baraquée et aux écrans rikiki. Face à la course à la puissance que se livraient les principaux fabricants de consoles, que venait faire cet alien dans l’univers musclé des jeux vidéo ? Cent millions d’exemplaires vendus plus tard, la société kyotoïte met à jour sa petite merveille qui, entre-temps, a perdu un peu de poids avec la version DS Lite. Et voilà la DSi, prononcez « di-èss-aïe », clairement chargée de mordre les mollets de la PSP de Sony (50 millions d’exemplaires) et l’iPhone d’Apple.

Du neuf ? Un peu, pas trop. Et quelques éléments qui devront prouver leur utilité au-delà d’un incontestable aspect gadget. Plus fine, plus lisible (des écrans plus larges) et d’une autonomie moins importante que sa devancière, la DSi est équipée de deux appareils photos – un objectif tourné vers le joueur, l’autre vers l’extérieur. L’intérêt de ces deux optiques d’à peine 0,3 mégapixels ? Elles s’accompagnent de logiciels ludiques permettant de déformer les photos un peu à la manière d’une galerie des glaces. Franchement un peu futile – comme le lecteur audio qui déforme les sons – une fois passé le réflexe de curiosité. Mais Nintendo qui confirme son parti pris de chatouiller la fibre fun du joueur espère le développement de logiciels utilisant la détection de mouvements. Un premier d’entre eux, WarioWare, est déjà disponible.

En l’absence de port pour les jeux GBA, la DSi dispose d’un « slot » pour des cartes SD, qui peuvent accueillir des jeux, du son ou des photos. Mais la principale innovation est d’avoir doté la console d’une connexion internet via wi-fi. Equipée d’un navigateur Opera sommaire, la DSi permet de surfer sur le Net, de consulter ses mails (même d’y répondre, via un clavier virtuel, mais pas d’ajouter de pièce attachée) et de télécharger, via le DS shop et contre des « points » payants, des logiciels et des jeux.

Sortie chez nous le 3 avril dernier, la DSi a déjà capté près d’un million d’amateurs. En blanc ou en noir, elle est vendue au prix de 169 euros, contre 149 pour la DS classique. Alors que la Wii semble s’essouffler quelque peu au Japon, Nintendo injecte une nouvelle dose de nouveautés dans le monde des jeux vidéo. Reste à savoir si les développeurs se saisiront des opportunités que leur offre la nouvelle console.
MICHEL DE MUELENAERE

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